Archive for Dudley Moore

Awful Paradise

Posted in FILM with tags , , , on January 25, 2018 by dcairns

        

TRAPPED IN A PARADISE OF EVIL AND DEATH? Say, what kind of paradise is this, anyway? A paradise of evil and death? That sounds like an AWFUL paradise!

Lines from DEREK AND CLIVE GET THE HORN ~

Dudley Moore: When we go to heaven, they’re going to play this film to us, on a loop. As we burn.

Peter Cook: You don’t burn in heaven.

Dudley Moore: We will.

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Last Gasps

Posted in FILM with tags , , , , , , , , , , , , , , on December 7, 2017 by dcairns

Suddenly this blogathon is behaving a bit like a blogathon — I have a post at The Notebook on James Whale’s final film, and here is Shruti Narayanswamy’s piece on SUPERMEN OF MALEGAON which you may not have heard of but NEED TO HEAR OF. And thanks to my chance meeting with Shruti last week, YOU CAN! Click here.

Further to that, we have another guest post by Jacky Goldberg. It’s in French — but there’s an app for that — and it’s a beauteous love letter to a filmmaker dear to all our hearts, I hope ~

LATE BLAKE EDWARDS

Peu de choses m’émeuvent davantage que les films de vieux cinéastes manifestant plus de vigueur que la plupart de leurs jeunes collègues. Parmi ces derniers, ceux que Blake Edwards a réalisé dans les années 80 occupent une place de choix dans mon panthéon. De 10 en 1979 (devenu Elle en français) à Switch (La revanche d’une blonde en français) en 1991 — je ne compte pas Le fils de la panthère rose en 1993, triste coda sans Peter Sellers —, Blake Edwards aura non seulement porté la comédie américaine à son acmé, mais également signé plusieurs chef d’oeuvres sur les relations hommes-femmes, par le biais de personnages en crise existentielle. Dans la douzaine de films réalisés à cette époque (quelle énergie!), quatre en particulier me fascinent, au point que j’y pense pratiquement tous les jours.

Il y a donc d’abord 10, premier succès public et critique depuis douze ans — après une décennie 70’s complexe pour Edwards, dominée par de jeunes barbus qu’il moquera joyeusement dans S.O.B —, qui met en scène un musicien en pleine crise de la quarantaine (Dudley Moore), marié à l’impériale Julie Andrews, la propre épouse du cinéaste. Pas besoin d’être devin pour comprendre qu’il s’agit là d’un film largement nourri d’éléments autobiographiques — et peut-être, comme j’ai toujours eu envie de croire sans en avoir la preuve, inspiré de la vie de Burt Bacharach. La plantureuse Bo Derek courant sur la plage au ralenti, les cheveux tressées et perlées frappant délicatement ses épaules bronzées, est devenu un cliché mille fois cité depuis… et un cauchemar pour les coiffeuses qui ont vu affluer des centaines de femmes leur demandant la même parure – qui prendra d’ailleurs le nom de « Bo Derek ». Ce n’est pas nécessairement mon film préféré de la période, mais c’est probablement le plus influent : il a définitivement montré comment filmer un club de vacances. Pour ne citer que deux descendants : le remake (sous-estimé) de The Heartbreak Kid par les frères Farrelly en porte la trace, ainsi que le très beau Forgetting Sarah Marshall de Nick Stoller. Il a aussi changé à jamais l’image du Boléro de Ravel, le mettant au niveau des hymnes sexy de Prince.

Je passe les merveilleux S.O.B, Victor/Victoria, Trail et Curse of the Pink Panther, ainsi que L’homme qui aimait les femmes (remake du film de Truffaut, avec Burt Reynolds dans le rôle de Charles Denner, très différent mais aussi bon que l’original), pour m’arrêter un instant sur ce qui est pour moi le chef d’oeuvre de Blake Edwards, tout en étant un de ses films les moins connus : Micki & Maude. Réalisé en 1984, il réunit pour la deuxième Blake Edwards et Dudley Moore, toujours en crise existentielle, et cette fois-ci aux prises avec deux épouses, toutes deux enceintes. Moore est sincèrement amoureux des deux femmes, et il lui est impossible d’en quitter une pour l’autre. A partir de ce canevas, Edwards tire toutes les ficelles comiques (et dramatiques) possibles, et signe un film fou sur le choix impossible, et sur le polyamour (avant que le concept ne devienne le fond de commerce des mauvais magazines de psychologie). Ce me qui désarme ici est le regard de Dudley Moore, sa fragilité, son absence totale de cynisme. Il ne calcule rien. Il veut sincèrement être un mensch, être heureux et rendre son entourage heureux. Assumer ses responsabilités. Mais l’élastique du réel se tend de plus en plus et finit par craquer dans un dernier acte à la maternité, lorsque les deux femmes accouchent en même temps. La grandeur ultime de Blake Edwards consiste à essayer de bricoler malgré tout une forme d’utopie pour cette famille impossible.

Deux ans plus tard, en 1986, après le plutôt raté A Fine Mess, Edwards reprend sa veine autobiographique avec That’s Life. Cette fois-ci, c’est Jack Lemmon qui le joue lui (à soixante ans), et Julie Andrews, imperturbable, demeure l’épouse. Imperturbable est vraiment le mot : elle est le coeur film, celle sans qui tout s’effondre. Le ton est étrange, alternant burlesque pur (comme plus personne ne sait en faire) et dramedy quasi télévisuelle. Mais c’est ce qui fait sa force. J’ai toujours aimé les films insituables, qui refusent de choisir, qui ne paient pas de mine et déploient leur force tranquillement, de façon souterraine — termite, comme dirait Manny Farber. Alors que la beauté de Micki & Maude tenait dans la fragilité de son personnage masculin, celle de That’s Life réside dans la solidité de son personnage féminin, entourée de pleutres. Désormais, le mensch, c’est elle, elle qui tient sur ses épaules le foyer, la communauté. Quant au titre, il résume à la perfection je trouve la philosophie stoïque d’Edwards.

Le film suivant, Blind Date, mériterait un paragraphe entier, ne serait-ce que pour dire à quel point Bruce Willis fut, à cette époque, un grand acteur comique (ainsi que Kim Basinger), mais je vais directement à Skin Deep, sautant au passage le très mineur Sunset (un hommage un peu vieillot au cinéma classique), et le génial Switch (film complètement queer, dans lequel un prédateur sexuel se voit réincarné dans le corps d’une femme, avec la mission d’être sincèrement aimé s’il ne veut pas aller en enfer). Skin Deep, ou L’amour est une grande aventure en français, contient tout simplement une de mes scènes de cinéma préféré, une scène à laquelle je pense constamment. C’est une autre de ces comédies existentielles sur les tourments du sexe et de l’amour (un truc typiquement français donc, pas étonnant qu’Edwards ait voulu remaké Truffaut). Le personnage principal, joué par John Ritter, est un écrivain à succès, et un sex-addict (il est évidemment le modèle d’Hank Moody dans Californication). Il va d’échec en échec, sa vie n’a plus aucun sens, et il décide de s’accorder un peu de temps pour aller méditer sur la plage. Il ferme les yeux. Réfléchit… Soudain, une vague plus grosse que les autres le renverse du rocher sur lequel il s’était assis. ”Eureka” se dit-il alors ! Il court chez son ami, ouvre grand la porte qui donne sur la plage et, trempé jusqu’aux os, déclame cette phrase sublime : « I’ve seen God, and you know what : he’s a gag writer ! ». Stupeur de son ami. Silence…. La seconde suivante, une seconde vague, immense, presque un tsunami, s’engouffre par la porte et emporte tout sur son passage, écrivain, ami, mobilier. Cut. Pourquoi cette scène me bouleverse tant ? Parce qu’elle illustre à la perfection l’art du contretemps edwardsien (caractère imprévu et dévastateur de la seconde vague), en même temps que son fatalisme comique (« Dieu écrit des blagues »). La vie a bien un sens, comprend John Ritter après la première vague, et c’est le suivant, se voit-il confirmé par la deuxième vague : tout est absurde et tragique, et tout ce qu’on peut y faire est d’en rire — c’est la seule chose qui puisse nous connecter à l’au-delà et nous sauver.

Blake Edwards est vivant écrivait en 1962 Pierre Rissient dans sa revue Présence du cinéma (une revue concurrente des Cahiers et de Positif, où écrivait les membres de cette petite secte américano-cinéphile, encore très influente, qui se faisait appeler Mac-Mahoniens, du nom de leur cinéma fétiche sur les Champs Elysées). Pour moi, cette assertion reste vraie, et si depuis le paradis, son facétieux tenancier me demandait de choisir un réalisateur pour réaliser mon biopic, je prendrais Blake Edwards sans hésiter.

Jacky Goldberg

Gasp!

Posted in FILM with tags , , , , , , , , , , on September 12, 2010 by dcairns

Really gorgeous art-nouveau intertitle from THE WRONG BOX, directed by Bryan Forbes.

Fiona always says, when BF’s name comes up, that when he dies the British will suddenly appreciate that a major film talent had been in their midst. Perhaps the problem has been that Forbes, a spiky personality with a strong sense of his own worth, has appreciated himself too much and not left room for anyone else. He was the only filmmaker polled by Sight & Sound magazine who chose one of his own works for his personal Top Ten Movies of All Time. Forbes selected WHISTLE DOWN THE WIND, which at least shows he has good taste.

THE WRONG BOX is certainly an uneven piece, with some narrative slackness and muddle slightly spoiling the effect of the loving period recreation (John Barry score, Julie Harris costumes, Ray Simm art direction) and astonishing all-star cast. It’s particularly impressive to a British viewer, since every single face in the movie is somebody known from TV or movies. Major roles for Peter Cook & Dudley Moore, Ralph Richardson, Wilfred Lawson and Peter Sellers (to name only those who give career-high accounts of themselves) are supplemented by walk-ons by the likes of Leonard Rossiter, Graham Stark, Hilton Edwards, Thorley Walters, Irene Handl and the Temperance Seven. And of course there’s the inevitable Nanette Newman (criticism of Forbes’ tendency to cast his wife in everything is a sore point with him, understandably. But I find I’m coming around to Nanette.)

Anyhow, the above intertitle always cracks me up. Clearly influence by HELP!, made the previous year, although the influence really goes back to the cinematic playfulness of the nouvelle vague, it’s especially amusing by way of its utter redundancy: like the comic book sound effect captions in SCOTT PILGRIM, the intertitle describes something we can perfectly well hear for ourselves.

The strangled crier.

THE WRONG BOX is adapted so loosely from Robert Louis Stevenson and Lloyd Osborne’s novel that another version seems like a perfectly good idea — the book has some very funny bits of its own, with only the idea of a corpse in a trunk in common with Burt Shevelove and Larry Gelbart’s busy script. Osborne’s influence on Stevenson seems to be to rid him of his moralistic side, and the short novel is an exercise in infernal bad taste. I enjoyed it considerably.